Interview de Marie-Pierre, réalisée sur le site de Saint-Astier le jeudi 22 novembre 2018
Plus d’informations sur le stage au CNEFG de Saint-Astier

Profil : 48 ans, formation en école supérieure de commerce et Master en Sciences de l’Information et de la Communication, spécialisé dans le digital. Mère de deux enfants.

Quelles sont vos premières impressions sur Saint-Astier ?

J’avais beaucoup d’appréhension au départ ne connaissant pas du tout l’univers militaire et n’étant pas très à l’aise avec ce qui touche de près ou de loin à la guerre et aux armes. Je suis davantage attirée par les activités culturelles mais j’ai décidé de m’investir complètement et de jouer le jeu. Maintenant, je suis plus à l’aise.

Qu’avez-vous apprécié pendant le stage ? (modules, activités, contexte, etc.)

Je trouve le stage très bien construit sur le plan pédagogique, avec chaque jour une progression de la difficulté. J’apprécie le fait de me retrouver de l’autre côté de la barrière, dans la peau d’un gendarme. On peut réellement comprendre les difficultés que rencontrent les forces de l’ordre lors de leurs interventions sur le terrain, devant arriver à  protéger les citoyens et maintenir l’ordre tout restant dans le cadre légal et en obéissant au politique.

Par ailleurs, la force du groupe permet de se surpasser. Par exemple, lors du parcours évasion, je me suis dit «No Way », je n’y vais pas ! et puis au final, je l’ai fait et tout s’est bien passé grâce à l’esprit d’équipe.

Qu’est-ce qui vous a déplu ou que vous aimeriez améliorer pour les prochaines sessions ?

Ce n’est pas réellement un moins car c’est la résultante de l’actualité (Gilets Jaunes) mais la suppression du module « Observation de manœuvre d’escadrons » nous aurait vraiment permis de nous plonger dans le concret.

Selon vous, le stage a-t-il renforcé la cohésion du groupe ?

A mon sens, le stage a renforcé la cohésion du groupe. Le fait de partager ce type d’expérience ensemble nous permet d’échanger et de renforcer les liens.

Suite au stage, votre regard sur la Gendarmerie a-t-il évolué ?

Ma perception du métier de gendarme a évolué. Vu de l’intérieur, on a une meilleure compréhension de leur cadre d’intervention, des difficultés, des enjeux, etc.

J’aimerais vraiment que cette expérience soit davantage diffusée auprès des jeunes à travers des échanges entre l’éducation Nationale et la Gendarmerie.

Retour d’Expérience (RetEx)

Interview réalisée un mois après le séjour au CNEFG de Saint-Astier


Maintenant que les courbatures et les bleus sont un lointain souvenir, que retiendrez-vous de ce séjour ?

” A l’heure où chaque jour, images et vidéos de la crise des gilets jaunes fusent et où les chroniques déferlent de tous côtés mettant en exergue à la face de la population et du monde entier et en gros titres des violences de rue quotidiennes, parfois dites issues des manifestants et parfois des forces de l’ordre, je me dis combien l’expérience d’une semaine de sensibilisation au rétablissement de l’ordre au Centre National d’entrainement des Forces de Gendarmerie de Saint-Astier m’a amenée certainement à changer mon analyse des événements que nous vivons tous aujourd’hui en France et, surtout, à modifier ma vision des traductions médiatiques de l’actualité.

Au même titre que des directeurs d’établissements scolaires, magistrats, journalistes ou membres d’ONG se prêtent à l’exercice, m’est apparu immédiatement, en tant que parent, l’intérêt pédagogique que pourrait avoir ce type de stage de mise en situation pratique, sorte de « Vis ma Vie de gendarme » pour tous les jeunes collégiens et lycéens français, dans le cadre de la construction de leur citoyenneté.

Les stages permettraient d’ouvrir avec les jeunes une large réflexion sur l’enjeu du maintien de l’ordre dans une société : Pourquoi et dans quelles conditions maintenir l’ordre : quel degré de violence notre société est-elle prête à accepter ?

Je suis enfin intimement persuadée que les stages d’immersion susciteraient des vocations pour des carrières en gendarmerie chez les jeunes, aussi bien pour les filles que les garçons… avis aux parents, aux jeunes, à la Gendarmerie et à l’Éducation Nationale !”